Il y a des journées que l’on prépare pendant plusieurs semaines et qui passent finalement en un claquement de doigts. Le 2 avril 2026 en fait partie.
À 11h, je montais sur la scène du Jour E, l’événement organisé par Bpifrance au Parc Chanot. En début d’après-midi, je retrouvais des étudiant·es de l’ECV Aix-en-Provence pour un atelier imaginé avec Climax. Et le soir, direction La Mûrisserie pour le lancement marseillais du dixième numéro du média.
Sur le moment, je n’ai pas vraiment eu le temps de réaliser ce qui était en train de s’accomplir. Avec le recul, je me dis que cette journée résume assez bien ce que j’aime dans mon métier : passer d’un format à l’autre, d’un public à l’autre, sans jamais perdre de vue le même objectif : faire en sorte qu’une bonne idée trouve son public.
Douze minutes pour raconter une association que tout le monde croit connaître
Au Jour E de Bpifrance, j’avais le plaisir d’animer un échange avec Clara Bonnet, directrice des opérations de Clean My Calanques.
À Marseille, difficile de ne pas avoir déjà entendu parler de l’association. Mais justement, cette notoriété peut parfois masquer une partie de son travail. Beaucoup l’identifient aux opérations de nettoyage organisées dans les calanques. Elles existent, bien sûr. Mais déjà, leurs actions ne se limitent pas aux calanques. Ensuite, c’est aussi de la sensibilisation, des interventions auprès des collectivités, des actions dans les écoles, un travail de plaidoyer et une mobilisation citoyenne.


En une douzaine de minutes, l’enjeu était donc moins de présenter l’association que de casser quelques idées reçues.
Pour y parvenir, j’ai volontairement évité le format de l’interview institutionnelle. Plutôt que d’enchaîner les questions attendues, J’ai construit l’échange autour de quelques idées reçues sur Clean My Calanques : sur le nom de l’association, sur la taille de son équipe. Puis quelques questions volontairement décalées pour parler de sujets très sérieux sans alourdir la discussion. Dont ma préférée : pour sauver les océans, faut-il supprimer le mistral ou les Marseillais·es ?
À cette question, personne ne s’attend à une réponse technique, et c’est précisément ce qui fonctionne. L’humour crée une ouverture. Il permet ensuite d’aborder notre rapport au littoral, les comportements individuels ou les politiques publiques avec une attention que l’on n’obtient pas toujours avec une présentation plus classique.
En une douzaine de minutes, Clara Bonnet a ainsi pu montrer une facette de Clean My Calanques que beaucoup de personnes dans la salle ne connaissaient pas : une petite équipe capable de mener un travail considérable à l’échelle de tout le territoire marseillais.
Si vous avez manqué cette conférence, je vous recommande de regarder le replay. Vous découvrirez une association dont l’action dépasse largement ce que son nom laisse imaginer.

La conférence n’était pas le seul temps fort imaginé avec Climax pendant le Jour E.
Dans le cadre de l’événement, Bpifrance nous avait également proposé d’organiser un atelier avec des étudiant·es en graphisme. Restait à trouver l’école.
J’ai tout de suite pensé à l’ECV Aix-en-Provence. J’y ai enseigné l’inbound marketing pendant deux ans et je savais que l’établissement réunissait toutes les conditions pour ce type d’exercice. C’est aussi l’une des références de la région pour les métiers du design graphique et de la communication visuelle. Sans parler des équipes pédagogiques et leur travail formidable, à commencer par celui de Daniel East.
Animé par Millie Servant, rédactrice en chef de Climax, et Clara Michelet, directrice artistique, l’atelier a réuni une vingtaine d’étudiant·es autour d’un défi : imaginer des affiches dans l’univers graphique et éditorial du fanzine.
Le résultat a largement dépassé nos attentes. Plusieurs créations rejoindront d’ailleurs un prochain numéro de Climax.

Une soirée qui ne ressemblait pas aux précédentes

Le dernier rendez-vous de la journée se déroulait à La Mûrisserie. Nous y lancions le dixième numéro de Climax : On Peut Plus Rien Lire ! J’organisais déjà la sixième soirée Climax à Marseille mais cette édition était un peu différente.
D’abord parce que nous changions d’échelle. Les précédents rendez-vous réunissaient une cinquantaine de personnes. Cette fois, nous avions choisi un lieu capable d’en accueillir plus de 200.
Ensuite parce que le programme était plus ambitieux. Le numéro étant consacré aux médias, il paraissait logique d’en discuter avec des personnalités locales qui les font vivre au quotidien.
Comme la tradition l’oblige, la soirée a commencé par une présentation du magazine, avant une table ronde consacrée à l’avenir des médias indépendants avec Millie Servant, The Climarx (vidéaste pour l’Humanité), Manon Locteau (cofondatrice du kiosque Basta) et Sophie Bourlet (journaliste du collectif marseillais Presse-Papiers).

Le moment le plus fort de la soirée est sans doute arrivé un peu après 20 heures, lorsque Yasmine Sellami du studio Klaam a diffusé un extrait de son podcast Le Monde selon Mars. On y entend Ariane revenir sur sa garde à vue de 2023, déclenchée après ses révélations sur l’opération Sirli.
Puis Yasmine a repris la conversation en public et leur complicité était palpable. Elle a permis d’aller bien au-delà d’une interview classique. Ariane s’est racontée avec beaucoup de sincérité, revenant sur ce qu’elle avait ressenti, sur les doutes, sur les conséquences de cette affaire. Dans la salle, le silence en disait long. On est passé du sourire à la sidération. Je crois que peu de personnes sont sorties de cet échange complètement indemnes.
Entre les échanges, Ludivine Dormes réalisait des portraits des participant·es façon dessin de presse, l’association Un Bout des Médias présentait ses actions et chacun pouvait repartir avec le dernier numéro, ou compléter sa collection.
Puis il y a eu la dernière partie. Jusqu’ici, les soirées Climax s’arrêtaient une fois les discussions terminées. Cette fois, j’avais envie que les gens restent, et dansent ! Parce que les meilleures conversations commencent souvent quand le programme officiel est terminé.
Avec Planet Parade, nous avons donc imaginé une programmation musicale qui prolonge la soirée jusqu’à deux heures du matin. Voir les personnes qui, une heure plus tôt, échangeaient sur la liberté de la presse se retrouver ensuite sur le dancefloor avait quelque chose d’assez réjouissant.

Ce que je retiens de cette journée
Quand j’y repense, ce ne sont pas les conférences ou les kilomètres parcourus entre les différents lieux qui me reviennent en premier. Je repense surtout aux rencontres.
À celle, que j’attendais depuis un moment, entre The Climarx et Climax. Il fallait bien que ces deux-là finissent par se croiser un jour.
Et puis à cette image, vers 22 heures, lorsque les équipes de Bpifrance ont débarqué à La Mûrisserie pour leur after qu’ils avaient décidé de faire avec nous. D’un seul coup, les publics se sont mélangés. Des journalistes, des bénévoles, des étudiant·es, des communicant·es et des curieux·ses qui passaient par là attiré·es par la musique. Voir des militants écologistes partager le dancefloor avec des personnes encore en costume après leur journée de travail avait quelque chose d’assez réjouissant.
Cette journée n’aurait évidemment pas eu la même saveur sans toutes celles et ceux qui l’ont rendue possible. Merci à Lauren Boudard, Dan Geiselhart, Millie Servant, Laura Pistre, Clara Michelet, Sixtine Guellec, Yasmine Sellami, Yoram Melloul, Sophie Bourlet, Manon Locteau, The Climarx, Ludivine Dormes, Camille Gestin, Claire Mailloux, Jean-Paul Deniaud, Pierre-Yves Bonniau, Daniel East, ainsi qu’à toutes les équipes de Bpifrance, de La Mûrisserie (big up Laura Delbourgo), de Clean My Calanques, et à tous·tes les DJ qui se sont succédé·es.
Et si cette journée du 2 avril vous semble déjà bien remplie, sachez que la veille n’était pas beaucoup plus calme. Le 1er avril 2026, nous réunissions près de 500 personnes lors d’un webinaire organisé avec AssoConnect. Promis, ce n’était pas un poisson d’avril et je vous raconterai cette histoire bientôt.
